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La Crise des Rohingyas : Un prix Nobel de la Limonade ?



Pendant que nous, pauvres occidentaux, baignons dans les onctueux délices de nos vies avares et fastidieuses, le monde tourne.

Il tourne dans un engrenage dont les rouages, rouillés sont à l’agonie et vont mal.

Hommes, femmes et enfants ont fui leur pays où les violences contre leur ethnie deviennent trop lourdes.



Ouvrez vos yeux ! Regardez dans l’âme des Rohingyas ! Cette âme couverte des zébrures écarlates infligées par les soi-disant émissaires d’une paix qui serait interdite à certains.



Devenus apatrides, ces gens-là ont dû abandonner leur pays, leur maison, les fleurs et les arbres qui les ont vu grandir, pourquoi ? Pour venir loger dans des camps crasseux ! Dans ce petit Nirvana sur Terre où ne serait-ce qu’une goutte d’eau potable est un cadeau de Dieu.

Imaginez, un seul instant que votre mère vous chasse de votre logis et ait pour projet de vous tuer afin de répandre votre sang hors de la nation.

Dans ces camps, les eaux croupissent dans un océan de déchets, les habitations sont de vulgaires bâtisses faites de matériaux de récupération, les enfants nagent dans un enfer nauséabond.

Imaginez cette souffrance.

Imaginez cette mère qui vient de perdre son enfant faute de soins.

Imaginez cette odeur de soufre assiéger vos narines.

Imaginez la mort.



Et pourtant, malgré cet excès de malheur, les Rohingyas sourient.

Les enfants sourient, jouent, se bousculent, trébuchent et se relèvent, ils se balancent, sautillent, rient au milieu d’un désastre qu’ils n’auraient jamais dû connaître.

Au milieu des cadavres et des fantômes des parents, des amis et des enfants morts la veille. Au milieu des maladies. Au milieu des vices. Au milieu de l’injustice et au milieu de la souffrance qui règne en maîtresse dans ces endroits-là.



A côté de ces gens, la dirigeante sirote sa petite limonade admirant son prix Nobel de la paix.

Elle regarde la souffrance, le crime, le meurtre et ne dit rien, ne pense rien. Elle regarde ce joyeux paysage festif où la mort ronge l’espace. Elle regarde même des moines bouddhistes s’étant découverts des passions pour l’assassinat. L’assassinat des Rohingyas. Qu’ont-ils fait ? Rien ! Ils n’avaient qu’à ne pas naître Rohingya dans la tolérante Birmanie.



Délicieuse cette limonade ! Sucrée et suave, elle a le goût de tout le sang versé par les Rohingyas. Prix Nobel de la paix ! Qu’est-ce que c’est cette étrange chose que la paix ? Ne pas oser voir la Grande Faucheuse qui vous lèche le visage ? Demeurer statique et se délecter de cette divine limonade pendant que Thanatos jaillit de toutes parts ?

Drôle de paix se dira-t-on !



Et au milieu de tout ça des enfants...

Des enfants qui n’en sont plus vraiment car stoppés dans la canopée de leurs droits. Des enfants qui même en rigolant ont de l’honneur et de la dignité dans les yeux.

Beaucoup des gens de notre monde auraient à apprendre de cette dignité.